Carnet de week-end : Varsovie

La visite de la capitale polonaise inaugure, je l’espère, une longue série de carnets de voyage au format week-end !

Je pourrais partager des photos de la vieille ville ou de la voie royale. Vous entraîner dans un Varsovie de hipster entre bars à lait et immeubles post-communistes arty. Mais je vais plutôt partager nos aventures façon Plumetis c’est-à-dire de cette manière toute particulière que nous avons, M. Plumetis et moi, de nous perdre dans les banlieues, de visiter des coins sans aucun intérêt et de passer deux heures à la recherche de lieux qui n’ont jamais existé ou dans des guides vieux de 40 ans.

Une façon de voyager qui nous est propre, que nous avons lancée dès nos premiers voyages en couple et qui consiste à nous perdre puis à tenter, par exemple, de traverser à pied les périphériques d’Istanbul ou de Pekin —grosse frayeur— ou de tomber en pleine présentation de mort dans un bidonville de Bombay sans, bien sûr, pouvoir faire demi-tour. De grands moments de solitude mais également de très beaux souvenirs. Et plus que les photos touristiques, ce sont ces souvenirs qui nous poussent encore à dégainer nos passeports et à rédiger un article surement plus long que d’habitude.
–J’aimerais bien vous dire comme sur certains sites rudement bien fait : x minutes de lecture, mais en fait, j’ai bien peur de me laisser emporter par ma prose et de ne pouvoir me limiter au temps que je me serais fixé.

Varsovie sous la neige

Varsovie sous la neige

J1 – Arrivée à Stołeczne miasto Warszawa

Ce week-end aurait pu être tout à fait reposant si nous avions choisi de partir en nous documentant quelque peu, en imprimant une carte, un plan de bus ou quelques mots de polonais. Mais non, poussés par notre soif d’aventure, nous partons avec pour tout document un mail de réservation d’un hôtel sur une box offerte il y a bien longtemps et deux cartes d’embarquement. Advienne que pourra.

En arrivant, il me semble me souvenir avoir lu sur le site de l’aéroport de Varsovie –j’ai quand même regardé si on atterrissait en pleine brousse façon Beauvais ou dans un coin éclairé proche de la capitale– que des bus rejoignaient le centre ville en 30 minutes. C’est parti : on prend un billet, on voit un bus, on monte dedans avec d’autres voyageurs et zou : un grand trajet sur de larges avenues lénifiantes commence. Les voyageurs descendent au fur et à mesure, personne ne parle anglais, le nom des stations ne nous dit évidemment rien, on semble s’éloigner de toute vie civilisée. M. plumetis semble reconnaître un centrum sur le plan de ligne mais quelque chose me dit que précédé d’onkolo-quelquechose, il doit plutôt s’agir d’un centre de traitement du cancer. Effectivement, on s’approche d’un hôpital. Au bout de 20 minutes, il semble clair que nous sommes perdus. Notre seul espoir repose sur une station qui s’appelle Metro en espérant que Metro veuille bien dire métro… Gagné, au pied d’un cinéma se trouve l’accès aux souterrains tant espérés. Bon, on est pas mal, déjà il fait plus chaud —-4° quand même à notre arrivée en fin d’après-midi — et c’est éclairé ! Mais on ne sait toujours pas où aller. On opte pour une station qui a l’air d’être au coeur de la ville, et on s’engouffre dans le métro. Nous sommes arrivés depuis une bonne heure à Varsovie et nous avons déjà testé les bornes automatiques d’achat de billets —en polonais— le prix des billets et la découverte des zones, les bus, le métro, on a appris des noms de quartiers excentrés, on a affronté le gel et la nuit noire : pas mal. On est absolument perdus mais il n’est que 7 heures du soir, tout va bien.

Varsovie sous la neige

Varsovie sous la neige

On descend donc à SwietoKryska. Très honnêtement uniquement parce que ça sonne bien.

Bon, on compte un peu demander notre chemin à quelqu’un mais vraiment en sortant, il n’y a pas un chat —il faudrait être fou—  pas de boutique et beaucoup, beaucoup de vent de face, très froid, voire glacé. La loose. Au loin brille l’enseigne Novotel, on se dit que sans doute le concierge parle anglais mais ce qui semblait proche apparaît vite comme une épopée. Au bout de 15 minutes à traîner la valise, taille cabine ok, neuve ok, donc avec des bonnes roulettes ok mais une valise quand même— brille un centre commercial avec librairie ! Librairie = carte = plan = saint Graal. Bon, on trouve d’abord des cartes en polonais, de Pologne, au 1/32 000… Repérer une petite place de Varsovie est une gageure. Je la tente, je laisse tomber. On finit par écumer tous les plans de Varsovie à la recherche d’une rue dont je ne me rappelle que le début : Francesca quelque-chose —les mots polonais sont très longs, ont plusieurs consonnes ou voyelles accolées, finissent en nek ou en ska et vraiment je n’arrive pas à les retenir. On rigole de faim et de fatigue, on finit par repérer la rue et on se retrouve dehors.

C’est reparti pour un tour. Il est évidemment de plus en plus tard… Il y a de moins en moins de gens dans les rues. On fait de grands détours : notre plan est au 1/26 000 et ce n’est pas terrible pour les petits raccourcis sympas. Comme on n’a pas envie de se reperdre, on continue comme ça et on finit par arriver à l’hôtel au moment où je désespérais. Il est 9 heures du soir, le début du week-end nous apparaît classiquement habituel, l‘hôtel est charmant, très confortable voire luxueux, la chambre grande et chauffée, les resto non loin. Sauvés.

J2 Stare Miasto

Varsovie // stare miasto

Stare Miasto, Warszawa

Toujours sans guide digne de ce nom, mais avec plan, on décide de rester dans les sentiers battus et de visiter la vieille ville de Varsovie —Stare Miasto—entièrement reconstruite à l’identique après les bombardements nazis qui l’ont entièrement ravagée à la fin de la guerre, devant l’armée russe immobile. Les travaux ont débuté après la deuxième guerre mondiale et se sont terminés en 1988. Visite rapide, le centre n’est pas très grand.

Direction le chateau érigé au 14e siècle et également entièrement reconstruit. Je me souviens du programme d’histoire de première et terminale et du dépeçage successif de la Pologne par les voisins russes, prussiens et austro-hongrois.

varsovie-centrum2

Varsovie - le château

pl. Zamkowy, Warszawa

varsovie-centrum

Varsovie - le château

Zamek Królewski

Varsovie - le château

Zamek Królewski

Puis on se décide à faire un saut au nouveau musée de l’histoire des Juifs de Pologne, construit sur un emplacement appartenant au terrain muré et défini par les nazis comme ghetto pendant la seconde guerre mondiale. Le saut dure 4 heures tellement la collection permanente de ce musée est riche, s’étendant de la période antique à l’ère contemporaine. Les salles d’exposition mettent en valeur et présentent pédagogiquement l’histoire des Juifs polonais, du ghetto moyenâgeux et des règles le régissant à la terreur du ghetto de Varsovie détruit par les SS en 1943. A visiter absolument. Le musée a été inauguré en 2013. Il est l’oeuvre des architectes finlandais Lahdelma & Mahlamäki et est époustouflant !

Musée de l'histoire des juifs de Pologne

L’entrée du POLIN, Museum of the History of Polish Jews

Musée de l'histoire des juifs de Pologne

Reconstitution du toit peint de la synagogue de Gwoździec vers 1730

En sortant, pas de problème pour trouver le resto vegan aperçu dans la brochure de l’hôtel et qui a la chance d’être placé sur une grosse artère, donc sur notre plan au 1/26000e —-et que je vous conseille si vous suivez un régime sans gluten/lait/caséine ou si tout simplement vous aimez les légumes, la cuisine saine et les gros gâteaux au soja/tofu/beurre de cacahouète absolument délicieux. Je me suis seulement aperçue après-coup, heureusement, de la colère –gêne– que j’avais du déclencher en entrant avec ma grosse chapka pure poils de petites bêtes —plusieurs hélas— sur la tête… Soupirs. Bon, les petites bêtes ont été tuées dans les années 60 et elles tiennent très très chaud. Désolée ^-^

J3 Praga

On décide de se la jouer arty… Ma tentative d’entraîner M. Plumetis dans un bar à lait échoue, il refuse de mettre les pieds dans la cantine carrelée de l’époque communiste que je lui ai trouvée –bon, je n’insiste pas, je suis allergique à la caséine. On se rabat sur le  musée d’art moderne près de SwietoKryska —oui, on aime bien la sonorité de ce nom— avec pour seule indication la localisation au pied du Palais de la Culture et des Sciences, près des bureaux Pernod-Ricard, ça, on a retenu !

Palais de la Culture et des Sciences - Varsovie

Le Palais de la Culture et des Sciences, «Cadeau de la nation soviétique à la nation polonaise»

On trouve pas Pernod, enfin, on trouve le Palais de la culture et des Sciences, difficile d’y échapper, un des plus hauts bâtiments de Varsovie, on se perd, on finit par trouver un bâtiment désert, fermé, dans lequel sont disposées quelques toiles en vitrine. Un mot écrit en polonais doit sûrement expliquer la raison de cette fermeture —apparemment un montage d’expo en cours. Mais le polonais est définitivement incompréhensible et sans aucune racine latine, même si l’alphabet est latin ! Ah ces Slaves ^-^ On laisse tomber.

varsovie graffiti2

On erre dans la rue, on reprend le métro, on cherche la correspondance avec la ligne 2 qu’on ne trouve pas —on pouvait toujours chercher : les panneaux existent, mais pas les stations, encore en construction ! —, on ressort, on attend un tramway qui ne vient pas, on se réengouffre dans le métro, on ressort  sur une autre plate-forme d’échange de tramway. On hésite, on finit par en prendre un qui traverse la Vistule pour aller à Praga, un quartier historique non bombardé pendant la guerre. On vient de passer deux heures à chercher notre route, la routine, tout va bien.

varsovie graffiti

Bon, pas d’enthousiasme particulier, l’impression de me balader près du pont de Bondy sauf qu’il se met à neiger, beaucoup, vraiment. Mais il est vrai qu’il y a de chouettes graffitis sur les murs et que le musée du néon vaut le détour.

varsovie neon

Muzeum Neonu

Retour sans problème à l’aéroport, on connaît le plan des bus maintenant. + La surprise d’une rencontre improbable avec un ami habitant à Londres devant les bouteilles de Żubrówka à 10 euros au duty free ! Salut Philippe ^-^

Le vent de face se transforme en vent dans le dos au retour. Le pilote est content, on gagne une bonne demi-heure. Arrivée à Roissy : il fait moins froid mais c’était vraiment joli à Varsovie !

A savoir

  • Varsovie, Stołeczne miasto Warszawa, est la capitale de l’actuelle République de Pologne depuis 1596. Elle compte 1,8 million d’habitants.
  • La Pologne fait partie de Schengen mais n’est pas encore passée à l’Euro. Le zloty —PLN, nouveau zloti depuis 1995— est la monnaie polonaise. Compter +/- 4zl pour 1€ : oui, vous aurez l’impression d’être riche !
  • Les tickets de transport se vendent à l’unité : 4,40PLN avec transfert valable pdt 75mn — 3,40 pour 20 mn. Des forfait journées ou week-ends sont également proposés : +de renseignements sur le site des transports urbains ZTM.

Dormir

  • Hébergement
    Mamaison Hotel Le Regina Warsaw, Kościelna 12, 00-218 Warsaw, Poland
    Nuitée à partir de 60 euros, aucune raison de ne pas se faire du bien !

Manger

  • Restaurant vegan
    Vege Miasto – Solidarności 60a, Warsaw, Poland // Cash only
  • Restaurant cacher
    Pod Samsonem, Freta 3, Warszawa

A visiter

Mots-clés

6 commentaires

  • Fyts dit :

    Forcement j adore j adhere, je connais la pologne mais pas sa capitale merci pour ce partage 🙂
    On dirait que tout le monde veut changer d air, il y a quelques semaines je parlais de riga sur notre blog 🙂
    Bonne journee

  • Shopsuy dit :

    Très sympa cet article ! Tout lu sans trouver ça long… A refaire sans hésitations ! Quant à Varsovie… Il a l’air d’y faire beaucoup trop froid…!!!

    • Aurélie Soligny dit :

      Oh merci ^-^ Oui, il fait froid à Varsovie, je mentirais si je disais l’inverse, mais franchement supportable : un froid piquant, sec, qui te rougit les joues. Et il y a un truc que je n’ai pas mentionné et que j’adore : ce sont les grands vestiaires en bois qui t’attendent partout où tu vas et qui font un sas entre le musée/resto/bars et l’extérieur. Tu laisses tout, gratuitement : j’adore cette façon de se « conditionner » à entrer dans la sphère privée ou au contraire à te préparer à sortir pour « affronter » l’extérieur. Très chouette !

  • Ines Juliat dit :

    J’ai visité Varsovie il y à quelques semaines, une

    vrai merveille.
    Qu’on ne me dise plus qu’il faut voyager 15 heures

    depuis Paris pour être dépaysé. J’ai trouvé les gens

    particulièrement accueillant et la ville très propre

    en plus d’être étonné par la nourriture et

    l’ambiance. Nous avons dormis dans un charmant

    appartement dans le centre que je recommande

    http://www.flatpooling.com/en/property/945 de Robert (le

    Nom du propriétaire :)) Charmante personne. Si vous

    voulez passer un weekend entre amis ou en famille ne

    vous privez pas ça vaut le détour !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *