Orkney Islands. Family Train Trip dans les Orcades

Après deux étés à se balader au pays de Galles et en Angleterre, nous avons décidé sur un coup de tête et au dernier moment de remonter plus au nord, en Ecosse. Les îles nous attirent depuis toujours, de la Corse à Malte en passant par mes chères Antilles. Et elles présentent souvent l’avantage d’être accessibles et adaptées aux voyages sans voiture puisque nous nous baladons le plus souvent en transport en commun, en privilégiant les transports publics locaux.

Au fil des recherches d’un hébergement en Ecosse sur les sites de réservation de location de maisons en ligne, j’ai fini par trouver une maison sur Main island à Orkney, ce qui a décidé de la suite du voyage. Une fois la maison réservée et payée, il a fallu organiser un peu notre arrivée façon train trip au départ de Paris. A la découverte des Orcades.

 

Hoy – Orkney  © B. Soligny

 

Les Orcades

Les Orcades, Orkney islands en anglais et Arcaibh en gaélique sont un archipel d’îles située au nord de l’Ecosse,

Le voyage

Le trajet fait  déjà partie de nos voyages et nous passons souvent autant de temps sur les routes / rails / voies maritimes que sur place. Le voyage est un déplacement continu qui nous remplit de souvenirs, de surprises ou de déconvenues peu agréables sur le moment mais toujours authentiques et dépaysants.

Donc nous avons suivi un périple qui nous a mené de Paris à Londres puis vers Edimbourg, Inverness, Thurso et enfin Stromness, lieu de notre location. Nous avions choisi de nous arrêter à Edimbourg –sans savoir qu’à cette date se déroulait LE célèbre festival — puis à Inverness à l’aller. Nous étions uniquement tenus par la date de traversée en ferry de Thurso à Stromness, réservée depuis la France.

Stromness – Orkney  © B. Soligny

Premières réservations

J’avais réservé quelques nuits d’hôtel en centre ville à Edimbourg et à Inverness dans les hôtels Travelodge et Premier Inn qui présentent l’avantage de proposer à un très bon rapport qualité/prix des chambres familiales. Les plateformes en ligne de ces hôtels disposent en plus d’un système ultra simple de réservation qui permet les changements de date et annulations au dernier moment (si toutefois vous ne choisissez pas une option ferme un peu moins chère mais non remboursable).

Les billets de train peuvent se prendre également en ligne via trainline.com (appli à télécharger) sur le site des compagnies ou directement dans les gares au distributeur (vous recevrez alors vos tickets de transport, vos tickets de réservations et un ticket récapitulatif, le tout façon tickets de métro : on se retrouve vite avec des dizaines de petits papiers dans les poches). Le bon plan est d’acheter en arrivant au Royaume-uni une Family & Friends card qui donne droit à des réductions sur les billets. Contrairement aux idées reçues, les voyages en train ne coûtent pas cher. En revanche, les trains anglais ou écossais sont lents…

Le passage en ferry a été réservé sur le site de Orkney ferries car les bateaux partaient de Thurso. L’autre solution aurait été de partir d’Aberdeen mais nous n’aurions pas traversé les higlands.  Les horaires d’embarquement ont déterminé les trajets en train précédents et les trajets en bus suivants.

Le trajet détaillé

La route
J’ai passé des jours et des nuits à faire les trajets. A comparer les moyens de transport et à croiser les informations sur les disponibilités des hôtels, leurs tarifs et les horaires des trains. Finalement, c’est toujours beaucoup plus simple une fois sur place que d’essayer de tout organiser de France.

Donc nous avons pris des billets sur l’Eurostar de bon matin et nous avons enchaîné vers Edimbourg –Edinburgh– par Virgin train parce qu’on connaît assez bien Londres et qu’on n’avait pas envie d’y rester plus que ça. Nous sommes arrivés en plein festival, dans une ville peuplée de comédiens grimés et de bateleurs. Le château dominait la ville, ceint de nuages noirs sous une pluie fine. Je n’étais pas certaine de vouloir rester mais cette ville a vraiment beaucoup de charme. J’ai particulièrement apprécié le quartier de Leith ainsi que le Royal Botanic Garden et ses serres datant de l’ère victorienne. Attention si vous voyagez en famille, il nous a vraiment semblé difficile à Edinburgh –peut-être plus qu’ailleurs au Royaume-Uni– de  dîner avec les enfants. Il faut vraiment arriver avant 19 heures tapantes dans les pubs qui l’autorisent pour pouvoir partager un repas. Sinon, vous pourrez toujours vous rabattre au T.G.I.Friday’s comme des dizaines d’autres parents désespérés. Nous avons repris le train vers Inverness facilement, la gare était au centre-ville à quelques blocs de notre Travelodge, faisable à pieds même avec une valise chargée.

Scottish National Portrait Gallery – Edinburgh

Inverness est la capitale des Highlands située à l’embouchure de la rivière Ness dans laquelle quelques personnes pêchaient le saumon. En pleine ville, oui ! La ville est très verte et assez calme. Parfait pour reprendre son souffle avant de reprendre le train le lendemain pour Thurso, la dernière ville au nord de l’île Ecosse. La route dans les Highlands, que je vous conseille de faire de jour, est magnifique. A l’arrivée, il est assez simple de partager un taxi pour rejoindre l’embarcadère des ferries.

 

 

 

La traversée pour les Orkney Islands dure trois heures et tout est prévu pour que personne ne s’ennuie : bars, restaurants, films, jeux vidéo. Avant une totale déconnection.

Budget

Train

  • Nous avons eu la chance de profiter d’une offre Paris-Londres Eurostar imbattable à 80€ l’aller-retour pour les adultes et 70€ pour les enfants.
  • La Family & Friends card achetée à l’arrivée à la gare de Londres St Pancras coûte 30£ et donne droit à des réductions sur les billets de train même si vous les réservez depuis la France : on indique simplement la réduction de la carte à venir car on ne peut pas acheter la carte abroad, de France.
  • Le trajet London – Edinburgh en Virgin Train nous a coûté 120£ à 3. Le trajet Edinburgh – Inverness 60£ et celui d’Inverness à thurso 50£ sur le ScotRail (Scotland’s railway).
  • La traversée en ferry du « continent » aux Orcades nous a coûté pour nous trois 50£ à l’aller mais beaucoup moins au retour car nous avons pris un bus qui nous menait directement de Kirkwall-Orkney à Inverness.
  • Où nous avons pris le train de nuit Caledonian sleeper pour Londres pour la somme imbattable de 80£. Pas cher du tout mais roots, j’aurais quand même dû prendre des couchettes… Mais bon, ça fait des souvenirs !
  • Au total, un budget voyage pas démentiel pour 3 aux alentours de 670 € (je n’ai pas fait les conversions, mais bon, la livre avait pas mal baissé).

Hôtel

  • Nous sommes restés 4 jours / 3 nuits jours à Edinburgh dans un Travelodge –je préfère les Premier inn niveau qualité / prix mais il n’y avait plus de places nulle part à cause du festival et l’on a pris ce qu’il restait en centre-ville. Et une nuit à Inverness dans un Premier inn cette fois ainsi que quelques nuits de plus à Kirckwall parce qu’on arrivait plus à quitter Orkney… Argh.
  • Une moyenne de nuit d’hôtel autour de 100£ pour une chambre familiale (un lit double + un –grand– lit d’appoint pour enfant).

Donc au final, un budget transport en train / bateau de 670 €/£ . 520 £ d’hôtel et + 400 £ de location, soit 1560 £ pour deux semaines pour nous trois. 260 £ par semaine par personne, je n’aurais pas trouvé moins cher ailleurs !!

Hoy – Orkney © B. Soligny

Hébergement

Bon, désolée je ne suis pas fan des airbnb. Je sais, c’est pratique, hype, en ligne, tout ça, mais je préfère moins de déco et plus de charme en louant à la semaine des gîtes ou des maisons de vacances. Comme lorsque j’étais petite et qu’il fallait aller chercher les catalogues papier des Gîtes de France à leur bureau parisien. Souvenirs… Et puis, soit dit en passant, ce n’est pas la première fois que je constate que ben, oui, c’est moins cher !

Donc, je suis passée par le site www.cottages.co.uk qui est très bien fait (astuce : vous pouvez aller vérifier les appréciations des hôtes précédents de la location qui vous intéresse sur tripadvisor si vous le souhaitez). Carte sur un onglet du navigateur et disponibilités des locations sur un autre, j’ai pris facilement contact avec Eillen, qui louait son Norday cottage. 15 jours avant, yes ! Et transféré le montant de la location en livres via transferwise pour éviter les frais de virement « internationaux ». Simplissime d’utilisation avec des seules adresses emails et une conversion automatique avantageuse des devises. A retenir.

Stromness – Orkney © B. Soligny

Orkney © B. Soligny

 

A voir / à faire

Voilà, vous êtes maintenant perdus sur une île minuscule (523 km2) au milieu d’un archipel d’îles (70) encore plus petites. Et vous vous dîtes que vous allez tourner en rond comme un rat ! Sous la pluie. Et bon, je ne vais pas vous mentir, lorsqu’il fait 15°, waouh, c’est l’été. Nope. pas du tout. Relax. Et d’abord, débranchez –ce qui n’est vraiment pas dur sachant qu’il n’y a pas peu de réseau. Ensuite, profitez des paysages car ils sont à tomber. Et du calme. Et du silence. Et dès que vous avez repris contact avec la nature, vous découvrirez des richesses inespérées.

 

Mainland – Orkney © B. Soligny

 

La nature

Les paysages sont à couper le souffle. Les couleurs franches : la mer est bleue, les prés très très verts –fluo–, le ciel gris.

 

Sanday – Orney

 

Vous pouvez vous balader sans croiser le moindre individu (20 000 personnes seulement habitent l’archipel et pour la majeure partie sur Mainland), mais vous ne serez jamais seuls ! Les îles sont peuplés d’animaux domestiques et sauvages. Les moutons sont couchés à même le sol pour brouter tellement il y a de vent. Les vaches courent, galopent même, en essayant de vous intimider derrière leurs barbelés sous l’oeil noir du taureau. Des puffins au bec orange nichent un peu partout. Et ce cri de joie que vous allez pousser la première fois que vous verrez les rochers bouger. Non, ce ne sont pas des rochers mais des phoques, ah, des phoques, ah, il y en a plein, ah des petits…

 

 

Mainland – Orkney © B. Soligny

 

Des vestiges du néolithique

Les Orcades, habitées en permanence depuis le Mésolithique (8 500 ans avant Jésus-Christ quand même) ont conservé certains des sites néolithiques les plus anciens et les mieux préservés d’Europe, notamment le « Cœur néolithique des Orcades«  (Skara Brae ; Ring of Brodgar ; le tumulus de Maeshowe ; les pierres levées de Stenness) inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

  •  Le Ring of Brodgar (proche du Stenness Standing Stone) est certainement le premier site que vous découvrirez sur Mainland. Il se compose de 27 mégalithes érigés dans la lande sur une bande de terre étroite entre deux lochs (lacs).

Cet anneau de 103 mètres de diamètre comportait à l’origine 60 pierres levées. Ceinturé d’un profond fossé creusé dans le rocher et d’un talus aujourd’hui disparu, il comporte deux entrées, l’une au nord-ouest et l’autre au sud-est face à Stenness. Il fut conçu par les hommes de l’âge du bronze (2700-2500 av. J.-C.). À la suite de ses relevés, Alexander Thom a pu établir que le cercle constitué par ces pierres est quasiment parfait. Wikipédia

  • Le village de Skara Brae datant de 3 100 à 2 500 avant Jésus-Christ est composé de dix maisons parfaitement identifiables. On s’imagine faire du feu dans la cheminée, les lits sont situés de chaque côté de l’âtre, la cuisine est au fond à gauche ! L’une des constructions les mieux préservés de l’époque néolithique en Europe.

 

Skara Brae – Orkney

Standing Stones – Mainland – Orkney © B. Soligny

 

La culture Viking

L’archipel est annexé par des Vikings norvégiens en 875. Les Scandinaves importent une loi et une langue nouvelles, le vieux norrois, qui survivra jusqu’au XIXe siècle et qui donnera leur noms aux Ork (phoques) Ney. Un patrimoine que l’on retrouve dans l’artisanat, notamment dans les bijoux.vA la suite du mariage de Jacques III d’Écosse avec Marguerite, la fille du roi Christian Ier de Danemark en1472, les îles passent sous la souveraineté du Royaume d’Écosse. La cathédrale Saint-Magnus de Kirkwall ( commencée en 1137) est connue sous le nom de « Lumière du Nord ». Une pure merveille médiévale qui appartient toujours à ses habitants — et non à l’évêché.

St Magnus Cathedral in Kirkwall, Orkney. Image © Glenn McNaughton

Des visites culturelles

Vous êtes à Stromness, donc un peu nulle part… Et comme vous êtes curieux, vous franchissez la porte du Piers Arts Center et vous découvrez un lieu à couper le souffle, partenaire de la Tate Gallery. Un bâtiment desarchitectes écossais  Reiach & Hall Architects abritant la collection de l’activiste Margaret Gardiner, des oeuvres d’art contemporaines d’artistes internationaux à tomber ! Des Barbara Hepworth, Ben Nicholson, Sean Scully, Anish Kapoor ou Olafur Eliasson. Le bonheur.

© 2015 The Pier Arts Centre

Même les fans de cup of tea et d’époques géorgienne et victorienne seront comblés. La Skaill House qui se situe tout près du site de Skara Brae est une demeure seigneuriale du XVIIe siècle, restée dans son jus depuis les années 50. Cela permet de faire quelques clichés « déco » avant de retourner dans le vent et la nature !

Skaill House – Mainland – Orkney © B. Soligny

Les îles au départ de Mainland

Hoy, Westray, Sanday, Stronsay sont quelques unes des îles accessibles en ferry des ports de Mainland ou/et en avion de l’aéroport de Kirkwall — le trajet le plus court du monde en avion est même ici, entre Westray et Papa Westray : 47 secondes, qui dit mieux ? Nous avons choisi le ferry pour des raisons budgétaires mais aussi pour le plaisir des traversées. Même si le mal de terre m’a poursuivie pendant plusieurs semaines après notre retour en France… Ca tanguait… Misère.

Le ferry vous dépose au port de la micro-île à visiter. Là, un bus attend les 5/6 touristes présents pour les conduire à un point central. Il vous donne l’heure de retour et c’est parti pour une journée de balade entre les dunes, les prés ou les terrains de golf, si !

 

Ferry to Westray & Papa Westray © B. Soligny

Westray – Orkney  © B. Soligny

Mainland. Brisbay

Hoy

Sanday © B. Soligny

Sanday © B. Soligny

© B. Soligny

Un peu de lecture +

  • Des romans policiers qui se passent en Ecosse, pour être dans l’ambiance. J’avais emporté la trilogie écossaise de Peter May (L’île des chasseurs d’oiseaux,  L’homme de Lewis et Le braconnier du lac perdu) qui se passe sur l’île de Lewis, dans les Hébrides, pas si loin. Parfait.
  •  La saga, l’Orkneyinga saga — La Saga des Orcadiens– écrite vers vers 1230, retrace l’histoire des comtes (Jarls) des Orcades.

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