Sur vos écrans : La Traviata, une production magistrale de l’Opéra de Paris

Le spectacle de l’Opéra national de Paris La Traviata est disponible gratuitement et dans son intégralité dès ce lundi matin 11 mai et jusqu’au 9 juin 2020 sur les sites de l’Opéra de Paris et de France Télévisions.

Par Alfons Mucha — Original file from Library of Congress, Domaine public, Lien

 

L’opéra de Verdi créé en 1853 à la Fenice de Venise s’inspire du roman d’Alexandre Dumas Fils, la Dame aux camélias, publié en 1848, qui racontait sa rencontre avec la courtisane Marie Duplessis (qui s’appelle en réalité Rose Alphonsine Plessis, et qu’il appellera Marguerite Gauthier dans le roman), et sa mort tragique.

Elle était grande, très mince, noire de cheveux, rose et blanche de visage. Elle avait la tête petite, de longs yeux d’émail comme une Japonaise, mais vifs et fins, les lèvres du rouge des cerises, les plus belles dents du monde ; on eût dit une figurine de Saxe. En 1845, lorsque je la vis pour la première fois, elle s’épanouissait dans toute son opulence et dans toute sa beauté. Elle mourut en 1847, d’une maladie de poitrine, à l’âge de vingt-trois ans.

Alexandre Dumas Fils

Dans le roman, Armand Duval tombe amoureux de Marguerite Gautier, une des reines d’un monde où se côtoient riches bourgeois, aristocrates et demi-mondaines. Il obtient qu’elle renonce à sa vie parisienne pour se retirer avec lui à la campagne. Mais le père d’Armand parvient à ce que Marguerite rompe avec son fils. Armand est persuadé qu’elle l’a trahi avec un nouvel amant et quitté volontairement. La mort de Marguerite, seule, abandonnée et sans ressources, conclut l’histoire racontée par Armand Duval à un narrateur.

Dumas fils signe une adaptation théâtrale du roman qui sera présentée au Théâtre du Vaudeville le 2 février 1852.

En ouvrant son opéra par un prélude pour cordes d’une économie de moyens inédite, Verdi affirmait en 1853 sa volonté de bousculer les conventions et les normes. Là n’est pas la moindre des radicalités de son œuvre : sa « Traviata » met implacablement à nu la violence d’une société qui prône la jouissance matérielle et finit par sacrifier une innocente victime sur l’autel de la morale bourgeoise.

 

Par Jean-Baptiste-Adolphe Lafosse (ca 1810-1879), lithographer — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, Lien

 

Le rôle de Violetta (Marie ; Marguerite) est chantée par une soprano qui doit exprimer une large palette de sentiments et faire preuve de sa maîtrise vocale sur des airs techniquement difficiles comme les arias Sempre libera, Addio del passato ou Ah! Fors’è.

 

Francesco Maria Piave créé le livret de l’opéra en 3 actes de Verdi : “Une courtisane parisienne, Violetta, accueille dans son salon l’un de ses habitués, Gaston, et l’ami de ce dernier, Alfredo. Prévenue par Gaston, Violetta sait qu’Alfredo est éperdument épris d’elle. Elle feint de prendre la chose à la légère et cache tout aussi bien le trouble délicieux qui la gagne à la vue d’Alfredo que les premiers signes de la tuberculose qui la mine secrètement. Bientôt gagnée à l’amour d’Alfredo, elle abandonne pour lui sa vie fastueuse et dissolue. Mais la maladie fait d’inéluctables progrès. Simon Stone, metteur en scène très remarqué au théâtre aujourd’hui, signe pour l’Opéra national de Paris cette production moderne et percutante, servie par ses interprètes.” (Culture box)

 

 

La production de l’Opéra de Paris, en ligne aujourd’hui, est mise en scène par Simon Stone de manière non conformiste, avec des costumes modernes où s’illustrent Pretty Yende dans le rôle de Violetta Valery, Benjamin Bernheim dans celui d’Alfredo Germont et Ludovic Tézier dans le rôle de Giorgio Germont. Avec l’Orchestre et les Chœurs de l’Opéra national de Paris. Direction musicale, Michele Mariotti.

 

Simon Stone aime travailler au corps à corps les pièces du répertoire pour les entraîner vers des territoires plus intimes. Ce metteur en scène, qui compte parmi les plus remarqués au théâtre aujourd’hui, fait ses débuts très attendus à l’Opéra national de Paris.

“Sa « Violetta 2.0 » s’impose comme un personnage public, qui évolue dans un milieu excessif, obsédé par le paraître, en quête d’une reconnaissance que les réseaux sociaux semblent promettre”.

 

La traviata est devenue au XXe siècle l’une des œuvres les plus jouées. L’œuvre de Verdi a bénéficié du talent d’interprètes exceptionnels comme, notamment, Maria Callas, dirigée le à la Scala de Milan par Carlo Maria Giulini, dans la mise en scène de Luchino Visconti.

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