Coup de gueule en noir et blanc !

J’en ai marre. Je ne partage pas mes opinions personnelles mais là, ça suffit ! Je travaille à la maison et France inter m’accompagne en fond sonore. Difficile du coup d’échapper à la médiatisation de l’affaire Laurent Blanc.

Si on arrêtait deux minutes de parler de noirs et de blancs ? Je rappelle que les noirs n’existent pas. Ni les blancs. Ni les oranges ! Si je me regarde bien, je suis plutôt jaune à tendance marron clair ; mon mari est plutôt rose et mon fils tire vers le vert (oui, je sais, c’est un Martien) ! Mon grand-père antillais avait la peau plutôt foncée mais pas noire ; j’ai vu une seule fois une personne à la peau noire, presque bleue, (un noir noir — à quoi ça rime ?)

  • Par la ségrégation, on classe les individus en races. Mais les races n’existent pas. Nous faisons tous partie de la race humaine. (Tout le monde n’a pas l’air de le savoir, Cf le sondage réalisé pour La fondation Thuram.)

 

Et de grâce,  arrêtez de parler de prédispositions génétiques des individus : les blondes à la course, les brunes au tir à l’arc et les rousses… au handball ? (Cf l’article de Libération/stéréotypes dans le sport). La pratique du sport est éminemment culturelle. On fait moins de natation au Ghana, de pétanque au Groenland et de marathon sur les hauts plateaux du Tibet.

J’ai presque « attaqué » la semaine dernière une vieille dame dans la rue qui traitait deux mômes qui l’avaient bousculée de « sales nègres ». En 2011 ! Je n’en reviens pas !

Stop ! Arrêtons de nommer les gens en fonction de termes comme noirs ou blancs –à partir de quelle couleur est-on « Noir » ? Marron ? Marron clair ?– qui ne désignent pas une réalité physique mais des sous-entendus de classes (dominantes/dominées) –dans la bouche de quelques-uns encore aujourd’hui (edit du 11/05 18h).

Voilà, je partage !

Edit : et aujourd’hui 10 mai, c’est le jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage !

8 commentaires

  • helene dit :

    merci pour ce coup de gueule, ça fait du bien…

  • ChaCha dit :

    la notion des couleurs ce n’est pas juste un sous-entendu de classes mais aussi des différences culturelles réelles. elles sont aussi souvent économiques et sociales.

    nier ces différences ce n’est pas forcément mieux que de les stigmatiser (généralement au détriment des noirs).

    • aurelie dit :

      Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. Les différences culturelles existent entre Italiens et Français et entre Maliens et Français mais il me semble que cela a peu de rapport avec la couleur de peau. Tu peux vivre à Paris, être antillais, aimer la musique classique et détester le zouk et les acras. Ou être bretonne et adorer la biguine. Ou avoir la peau foncée, vivre en Australie et avoir une culture française.
      quand on demande à ma mère -basanée- d’où sont ses origines, elle répond « le Pas-de-Calais ». Et c’est vrai. Sa culture est plus du nord que des Antilles.
      De la même façon, on note davantage la présence d’immigrés africains dans les ZEP de banlieues que dans les beaux quartiers de la capitale. Mais tu ne peux pas dire couleur = CSP plus ou moins. Il faut faire fi des clichés !
      Et je ne nie pas les différences. Liées aux origines sociales, économiques, culturelles, géographiques… Et tant mieux ! Mais à mon sens on ne peut pas sous-entendre que ces différences pourraient être liées à la couleur de peau. Bon, voilà 🙂
      Merci pour ton message en tout cas. Bonne journée.
      Aurélie

  • Nafeuse dit :

    Salut…Je partage ton opinion sur le fait qu’il y en a marre du battage médiatique autour de cette affaire, qui n’en n’est pas une…Les médias s’en donnent à coeur joie pour créer ou atiser la polémiques..

  • Aizen dit :

    Le problème majeur, dans ce type de débat, c’est que l’on a tendance à simplifier ou à caricaturer, ou à confondre des éléments d’une situation…pourtant cela part d’une très bonne intention.

    J’aimerais d’abord souligner un point de vu biologique sur la question: se dit de race, en nomenclature zoologique, un rang taxinomique inférieur à l’espèce: il n’y a donc pas race humaine, mais espèce humaine. Ensuite, ce qu’on appelle race, n’est encore une fois, qu’une constatation qui permet de classer les polymorphismes génétiques (poly= plusieurs; morphos = formes).

    Le polymorphisme concerne toute les espèces: c’est ainsi que l’on constatera la différence des pelages chez les animaux et autres différentes etc, et pour l’espèce humaine, nous constatons la présence des individus qui possèdent différentes caractéristiques phénotypiques avec de nombreuses variations(appelés morphotypes) au sein d’une même population: il n’ y a pas de racisme à décrire ce que nous voyons, à constater une différence de couleur de peau, ou toute autres formes de caractéristiques, car ceci est une réalité.

    Ainsi, la population globale est subdivisée en 9 populations de base : africains, européens, nord-africains, asiatiques de l’est, amérindiens, peuples de l’arctique, aborigènes d’Australie, sud-est asiatique îles du pacifique…

    bref, là où je veux en venir, c’est que moi même étant asiatique: je m’en fiche éperdument que l’on me dise que je suis une moitié de sushi ou que je suis semi-jaune ou jaune! Quelle importance au fond? Les noirs eux même se disent noirs! Ces appellations sont aussi d’ordre culturelle. Les problèmes ne se trouvent pas dans les mots blanc ou noirs, il se trouvent dans le fond.

    Pour ma part, si je me nomme moi même comme une jaune, ou que je dis d’un ami qu’il est noir, cela ne sous entend en aucun cas, que nous tenons à nous distinguer en tant que dominants ou des dominés.

    Et des prédispositions génétiques, il y en a aussi: cela s’explique par la théorie de l’évolution. Par exemple, chez de nombreux asiatiques, il manque un enzyme qui leur permet d’assimiler correctement l’alcool, ce qui les rend moins résistant, et ivre plus rapidement.
    Certains individus présentent réellement des caractéristiques différentes et pourtant cela n’a rien à voir avec le racisme! Cela ne les rend pas moins humain, pas moins intelligent!

    Il ne faut pas tout confondre. Encore une fois, le fond du problème c’est l’incapacité de certains individus à accepter, les différences. Le racisme par contre, n’est ni blanc ni noir, ni rien du tout: il est un comportement présent de façon étendue à tous les individus de l’espèce humaine, toute cultures et civilisations confondues. C’est bien dommage, mais la seule façon d’évincer cet état d’esprit de rejet de « celui qui n’est pas semblable à soi », ne peut se faire qu’en allant justement vers l’autre avec bienveillance, respect, conscience et partage.

    • aurelie dit :

      Oui, espèce humaine : tu as entièrement raison !
      Et pas de racisme non plus à décrire ce que nous voyons.
      Mais là où je ne suis pas d’accord, c’est que les mots ont leur importance. La ségrégation est passée par là.
      Je m’explique. Je suis métisse : dans certains pays je suis blanche, dans d’autres noire. Étrange, non ? Cela me va tant que l’on ne me traite pas différemment en fonction de cette pseudo couleur.
      En Afrique du sud, il y a 30 ans, j’aurais eu moins de droits civiques que la population blanche. Là, je dis clairement qu’il s’agit d’une distinction dominant/dominé fondée sur la couleur de peau.
      En France, itou : Napoléon avait instauré une législation raciale qui interdisait aux Noirs et gens de couleur d’entrer sur le territoire français. Par une circulaire du 8 janvier 1803, il avait interdit les mariages « entre un blanc et une négresse ou entre un nègre et une blanche ». Il s’agit bien là d’une ségrégation raciale et d’un rapport dominant/dominé (maître/esclave). Jusqu’en 1848 ! C’était il n’y a pas si longtemps. Pour certaines personnes, c’est malheureusement encore d’actualité.
      Je pense, j’espère que le monde évoluera et bien évidemment, je me fiche qu’on m’appelle noire,blanche, orange ou carotte tant qu’il ne s’agit pas de rabaisser des individus par rapport à d’autres.
      On se rejoint là : bienveillance, respect, conscience et partage !

  • Lucie from Martinique dit :

    salut cet article

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