Mode : Back to Craft

Lors des 19e rencontres internationales de la mode, de la photographie de mode et des accessoires de mode qui ont eu lieu à la villa Noailles, à Hyères, la table ronde « back to craft » était animée par la journaliste Nadine Bayle. Elle citait en préambule le sociologue américain Richard Sennett qui, dans son livre, « Ce que sait la main », donne une définition du craft plus large que celle de l’artisanat  et pouvant s’appliquer à de nombreux domaines :

un élan humain élémentaire et durable : le désir de bien faire son travail.

Participaient au débat Sylvie Chailloux, fondatrice de Textile du Maine, société de confection labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant ; Aymeric Le Deun, fondateur d’un atelier de confection de boutons recouverts ; Hughes Jacquet, sociologue ; Alexia Tronel de l’atelier Bartavelle, fondatrice de l’association Itinérance ; Priscilla Royer, directrice artistique de la Maison Michel et Pascal Gautrand, consultant.

Un retour à l’artisanat ?

Pour Hughes Jacquet, l’artisanat « a toujours une chose à dire sur les problèmes qui nous entourent ». Le mouvement Art&Craft a précédé la première guerre mondiale, le Bauhaus est né entre les deux guerres, les « babas cool » ont proné le retour à la terre, sur le plateau du Larzac, en France, après Mai 68.

Depuis la crise de 2008, on note un renouveau du travail manuel. Lié, sans doute, à la nécessité de créer du lien et du sens, en mode comme en design, beauté, alimentation et agriculture, dans une société de surconsommation.

Comme dans d’autres domaines, le geste de la couturière, « petite main », est valorisé. Mais loin d’une image de lenteur ou de créativité débridée, le travail artisanal « à façon » ( lorsque l’artisan produit des marchandises sur les ordres d’un client qui se charge de leur commercialisation) doit répondre rapidement à des demandes élaborées, rappelle Sylvie Chailloux.

Alors que ces ateliers maîtrisent la fabrication d’un produit « de a jusqu’à z » au service d’une marque, ils doivent cependant accepter de travailler dans leur ombre, en raison des clauses de confidentialité qui les lient –contrairement aux ateliers qui s’adressent directement au public.

Dans tous les cas, le consommateur a un rôle à jouer dans ses exigences de transparence et de traçabilité des matériaux utilisés.

De la même façon, notre patrimoine français est, aussi, à valoriser et à protéger. De la qualité d’un biotope, dépendent les productions de cidre, de camembert, de lin ou de laine. L’artisanat est absolument lié au territoire, à son environnement et à sa biodiversité !

Le projet Tricolor

Tricolor est un projet du salon Made in France Première Vision, qui a pour but, en partenariat avec Made in Town et l’Union des Industries Textiles, d’encourager la renaissance de la laine française.

Il se décline sous 3 axes :

  1. une collection de fils et de tissages mis à la disposition de 50 marques et designers pour donner vie à de nouveaux vêtements, accessoires et objets de décoration en collaboration avec les façonniers du salon Made In France Première Vision. Les fils à tricoter (Filature Fonty, Creuse et Filatures du Parc, Tarn) et draps de laine (Le Passe-Trame, Tarn) sont entièrement développés en France en s’appuyant sur l’ensemble des savoir-faire de la filière industrielle pour garantir à 100% la traçabilité de la matière. Les coloris de cette gamme de textiles sont conçus sans teinture pour tirer le meilleur parti des nuances naturelles des toisons de 7 races de brebis et moutons réparties aux quatre coins du territoire français.
  2. une web série qui dévoile les coulisses des filières lainières françaises (et accompagne les nombreuses étapes de transformation de la matière, de l’animal jusqu’au consommateur final).
  3. un vestiaire Tricolor de produits finis habillement et accessoires réalisés par des marques et créateurs, acteurs majeurs et emblématiques de la filière, qui portent fièrement les valeurs du fabriqué local !

A suivre..

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